Le Kendo en quelques mots...

La pratique

Héritier de l'ancien kenjutsu (encore enseigné de nos jours), le kendo est une forme d'escrime au sabre japonais. On le pratique avec un shinai, sabre formé de quatre lattes de bambou liées. Le port d'une armure protégeant la tête, le torse et les avant-bras permet de porter des frappes sans retenues et de travailler la coupe de manière réaliste. En dessous, un large pantalon-jupe (hakama) et une veste de coton épais (keiko-gi) complètent la tenue. Ils sont en général bleu indigo.

La pratique des kata (formes codifiées de combat) se fait en général sans armure et avec un bokken, réplique en bois dur d'un vrai sabre, ou bien avec un iaito (sabre non tranchant), voire un véritable katana. Bien entendu, les coups sont tous esquivés, et ceux qui ne le sont pas sont arrêtés au bon moment !

Le kendo ne vise pas la létalité en soi, il va beaucoup plus loin et se veut un véritable art du combat (de la tactique à l'attaque) et une exploration personnelle des arcanes de l'affrontement. Pas de ninja ou de grands moulinets : on vise la concentration, la respiration, la perfection du geste et la bonne utilisation du corps et de l'énergie. Sa pratique s'avère néanmoins souvent spectaculaire dans la puissance des assauts. Puissance aussi toute intérieure, comme dans les combats de vieux maîtres (parfois plus de 90 ans !) dont la présence mentale est aussi impressionnante que la présence physique des jeunes.

Oú ça se passe ?

Les kenshi (pratiquants du kendo) se retrouvent dans un dojo (lieu de pratique de l'art martial) qui peut être un lieu dédié ou tout simplement un gymnase ou une salle de danse : l'essentiel est de pouvoir disposer d'un plancher souple.

Qui peut pratiquer ?

Tout le monde ou presque ! Il n'existe pas de catégorie de poids et les pratiquants ne portent aucun signe extérieur de leur grade. Hommes et femmes sont mélangés, et l'âge n'est que rarement un problème : nos plus jeunes pratiquants sont adolescents, les plus anciens à la retraite.

Le kendo fait appel à la respiration et à des attaques assez explosives : vous aurez l'occasion de travailler votre souffle et votre résistance. Cependant, il ne s'agit pas que de physique : la gestion du mental, la précision des frappes, le souplesse du déplacement sont largement aussi importants et permettent aux moins puissants ou aux moins rapides de renverser bien des situations. Ne vous fiez jamais aux apparences...

On tranche dans le vif ?

L'attaque, au kendo, est jugée efficace (et vaut un ippon, un point en combat) lorsque la coupe pratiquée réunit trois notions fondamentales : la détermination de l'attaque (matérialisée par le kiai, cri caractéristique), la coupe (le sabre doit frapper d'une manière précise, la force n'a rien à voir ici) et le déplacement du coprs (engagement matérialisé par une frappe du pied au sol). La réunion simultanée de ces points (ki / l'esprit, ken / le sabre et tai / le corps) en un (ichi) moment garantit la validité du coup (et sa létalité dans les combats anciens) : c'est le ki ken tai no ichi.

Les coups sont précisément codifiés et portent sur certaines parties vitales du corps (enfin... de l'armure !) : la tête, le foie, la gorge et l'avant-bras droit (avec quelques variantes légères). Cela parait peu, mais c'est bien suffisant ! On apprend progressivement : on commence en général par la tête (men), puis on travaille l'avant bras (kote) et enfin le foie (do). Un peu à part, la frappe d'estoc à la gorge (tsuki) n'est abordée qu'après plusieurs années de pratique.

On crie, alors ?

Oui, chaque frappe est accompagnée d'un cri, le kiai, qui correspond au moment de libération de l'énergie accumulée juste avant. Même si au kendo il est systématique, on le retrouve, volontairement ou non, dans la plupart des sports et des efforts : le cri du tennisman, de l'haltérophile ou du lanceur de marteau procèdent du même effet.

Comment tout cela est organisé ?

L'ensemble de la pratique est régi par une étiquette stricte (les saluts, en particulier). La contrainte est minime car le cérémonial est bien intégré aux différents exercices. Ne voyez l'étiquette que comme une manifestation de respect des autres pratiquants et de son matériel, et de gratitude envers les enseignants – ni plus ni moins. Un entraînement comporte en général une phase d'échauffement, une phase de travail des frappes et d'exercices divers, puis une approche du combat et enfin une phase de combats entre participants.

Les grades se comptent à partir du sixième kyu (la ceinture blanche en quelque sorte) jusqu'au premier, puis on passe le premier dan (en gros, la ceinture noire) et on monte... jusqu'au huitième pour les plus anciens et les plus assidus !

Il existe des compétitions, individuelles et par équipes, entre kenshi généralement regroupés par grades proches. Et parfois, on assiste même à des compétitions entre pratiquants de kendo et pratiquants de naginata, une autre arme japonaise (une sorte de hallebarde à lame effilée).

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